Artisans colombiens

Après de nombreuses recherches auprès des services commerciaux des ambassades de tous les pays latino américains (j’ai commencé la recherche de hamacs en 1988 quand Internet n’en était qu’à ses débuts) je me suis aperçu que la Colombie possédait de nombreux fabricants.

Ni une ni deux, départ pour l’aventure dans ce pays inconnu qui avait seulement une mauvaise réputation liée à une guerre civile qui existait depuis plus de 30 ans déjà.

Effectivement ce pays était classé comme le deuxième le plus dangereux au monde après Israél et hormis quelques touristes tchétchènes ou israéliens, je ne croisais pas beaucoup d’étrangers. Les déplacements étaient difficiles et certaines régions étaient totalement à éviter. Mais fidèle à mon vieil adage “la peur n’évite pas le danger” je me risquais non sans précaution.

Une à une, je poussais la porte de toutes les fabriques de hamacs pour finalement choisir celle qui me paraissait fournir la meilleure qualité. Surpris de voir un étranger s’intéresser à leurs hamacs, les colombiens qui sont des gens ultra serviables et avec le coeur sur la main, m’acceptèrent comme client. Je fis à l’époque de toutes petites commandes comparées aux productions importantes destinées à leur marché local. De fil en aiguille, nous en sommes à plus de 20 ans de collaboration, des commandes bien plus importantes et de nombreuses collections textiles. (voir le lien vers Alesko )

Voilà maintenant 20 ans que je travaille avec cette fabrique et que les rapports que j’entretiens avec tous les artisans sont magnifiques. La condition ouvrière en Colombie est difficile et me touche tout particulièrement.  J’essaye autant que possible d’apporter ma contribution à l’amélioration de leur situation par différentes actions. Une de celles ci est d’apporter à chaque voyage des petits cadeaux de France comme on peut le voir sur cette vidéo.

La spécialité de ces artisans est le hamac en toile de conception classique de la côte caribéenne de la Colombie.

La vie d’une entreprise, que ce soit en France ou bien là bas n’est pas un long fleuve tranquille. En 2008, le patron de cette fabrique (50 ouvriers en tout) se voyait lâchement abandonné par une marque allemande de hamacs très connue en Europe et qui était devenue son principal client.  Ce colombien avait fait la renommée et la fortune de cette entreprise européenne mais peu importe car quand les zéros s’alignent sur les comptes bancaires, l’homme perd les pédales et est prêt à tout pour poursuivre son infernale ascension. Du jour au lendemain (cette société allemande, en secret, avaient délocalisé leur production en Inde). Ce chef d’entreprise colombien se voyait abandonné avec sur les bras de nombreuses machines outils avec d’importants crédits à rembourser. L’état colombien du saisir l’entreprise et de nombreux ouvriers connurent le chômage.  Je ne les ai jamais abandonnés et les ai soutenus autant que je pouvais. En 3 ans, cet entrepreneur a réussi à remonter la pente. Les latinos américains sont habitués aux coups durs !

Un détail qui ne trompe pas, depuis que je vais dans cette fabrique, je vois de nombreux ouvriers qui sont là depuis le début. C’est le signe que le salaire est correct et que le traitement est respectueux.

Salutations tropicales.

Frank Jouret

Tropical Influences.